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Nous avons vu combien la situation de ces trois femmes — Naomi, Orpa et Ruth — était humainement sans espérance.
Durant ces années d’épreuves et de deuil, Naomi n’a pourtant pas oublié la puissance de l’alliance que Yahvé avait établie avec son peuple, alliance dont elle faisait partie. Mais aujourd’hui, son cœur est rempli de doutes et d’amertume ; les larmes obscurcissent sa compréhension du dessein de Dieu.

Et pourtant, au plus profond d’elle-même, elle sait que son Dieu est vivant et fidèle. Elle a conservé cette certitude et en a témoigné au fil des années auprès de sa famille, de ses fils, de ses belles-filles.
Même si son avenir apparaît désormais terriblement sombre d’un point de vue humain, elle continue de croire en la fidélité de Dieu et ainsi décide de rentrer à Bethléhem, de revenir au pays de la promesse.

Elle est consciente qu’en tant que femme seule, veuve et sans enfant, elle n’a aucune garantie, aucun avenir assuré, si ce n’est sa foi en Dieu. Ses belles-filles, qu’elle aime profondément, ont d’autres croyances, d’autres dieux. Peut-être pense-t-elle en elle-même : « Ma foi est si fragile… comment pourrais-je leur expliquer cette espérance profonde qui persiste malgré mon incompréhension et amertume face aux circonstances ? »

À ce moment-là, la décision la plus raisonnable semble être d’encourager Orpa et Ruth à retourner dans la maison de leur mère (Ruth 1.8). Là-bas, un nouveau mariage pourrait leur offrir sécurité et descendance, ce que Naomi ne peut leur garantir.

Naomi se sait d’un autre peuple, d’un autre monde. Elle n’imagine pas comment ces jeunes femmes étrangères et païennes pourraient en faire partie et trouver un avenir avec elle. Elle mesure l’incompatibilité apparente, l’impossibilité, selon les normes culturelles, pour une Moabite de vivre parmi le peuple hébreu.

Résignée, sans doute le cœur lourd, elle encourage de nouveau Ruth à rejoindre Orpa, qui vient de lui dire adieu :
« Tu vois, ta belle-sœur est retournée vers son peuple et vers ses dieux ; retourne chez toi comme elle » (Ruth 1.15).

Mais, contre toute attente, Ruth s’attache à Naomi.

Avec une détermination bouleversante, elle déclare :
« Où tu iras, j’irai ; où tu habiteras, j’habiterai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. Où tu mourras, je mourrai, et j’y serai enterrée » (Ruth 1.16).

Par ces mots, Ruth accepte de se séparer de sa famille, de sa religion, de sa culture, de son pays, de ses racines. Elle affirme qu’elle est prête à renoncer définitivement à tout ce qu’elle a connu jusqu’à ce jour. Elle renonce à un possible avenir humain, certainement consciente qu’un Hébreu n’épouserait jamais une Moabite. Elle renonce à la sécurité, à la promesse d’une descendance.

La démarche de Ruth, dans l’Ancien Testament, résonne avec celle des Thessaloniciens dont parle l’apôtre Paul dans le Nouveau Testament :
« Vous vous êtes tournés vers Dieu, en abandonnant les idoles pour servir le Dieu vivant et vrai » (1 Thessaloniciens 1.9).

Ruth se tourne vers Yahvé. Elle le choisit et abandonne les idoles du peuple moabite. Elle sait que ce choix est sans retour. Courageusement et volontairement, elle entre dans le plan de Dieu pour l’humanité.

As-tu, toi aussi, fait le choix radical de te tourner vers le Dieu Créateur, le Dieu de la Bible, Yahvé, et de te détourner d’autres allégeances, de croyances passées qui t’empêchent de découvrir la vraie liberté de vivre dans sa volonté ?

Peut-être que le courage de Ruth t’inspire, surtout parce que tu connais la fin de son histoire! En ce qui la concerne, Ruth, à ce moment précis, ignore encore qu’elle croisera le chemin de Boaz et que sa destinée prendra une tournure inimaginable. Elle n’a aucune promesse d’un avenir heureux. Pourtant, l’amour qui a grandi dans son cœur pour Yahvé est si fort qu’elle est prête à perdre tout espoir humain pour être reconnue comme faisant partie de son peuple.

À l’époque des Juges, il est peu probable que Naomi ou Ruth puissent espérer un avenir enviable à Bethlehem ! Les femmes avaient peu de droits ; Naomi serait sans doute méprisée pour les choix de sa famille et leur départ de Bethlehem, et Ruth serait humiliée à cause de ses origines moabites.

Ruth choisit Yahvé pour Yahvé.
Elle renonce à tout son passé sans aucune garantie d’un avenir meilleur. Adorer Yahvé lui suffit. Cette radicalité rend sa déclaration si bouleversante.

Souvent, nous désirons davantage ce que Dieu peut nous donner que Dieu lui-même. Nous le choisissons s’il bénit, s’il guérit, s’il règle nos situations compliquées. Nous le choisissons pour ce qu’il fait, plus que pour qui il est.

Ruth, elle, l’a choisi pour Lui seul.

Aujourd’hui encore, des femmes et des hommes choisissent Jésus en sachant que ce choix bouleversera leur vie, leurs relations, leur avenir. En choisissant Jésus ils acceptent parfois d’être persécutés! Pourtant, pour eux, Jésus vaut mieux que tout le reste.

Sens-tu en toi ce désir radical de choisir Jésus, de tourner le dos à ce qui t’a façonnée jusqu’ici ? As-tu envie de dire oui à Celui qui a quitté la gloire du ciel pour venir jusqu’à toi, qui est monté sur la croix à ta place afin de t’offrir la vie éternelle ?

Peut-être hésites-tu, comme Orpa, qui retourne vers ce qu’elle connaît, vers la sécurité du familier. Le prix du renoncement te semble trop élevé. Le choix de Dieu te paraît risqué.

Stéphanie Reader Poirier, docteur en biologie, propose une image parlante : le renoncement comme catalyseur du plan de Dieu dans nos vies. (https://topmessages.topchretien.com/texte/ruth-une-femme-de-destinee/)

Sans catalyseur, la réaction chimique ne se produit pas. De même, sans renoncement, il est difficile de voir le plan de Dieu s’accomplir pleinement.

Seras-tu une femme déterminée, dont l’amour pour Dieu dépasse les risques à prendre et les sacrifices à faire ? Es-tu prête à renoncer à ce qui t’encombre et te prive de ses projets pour ta vie ?

Tu peux lui dire simplement :

« Seigneur, tu vaux plus que tout ce que j’ai et tout ce que je suis. En dehors de toi, il n’y a pas salut possible, pas de vie.
Je renonce à mes fausses croyances pour t’appartenir à toi seul.
Libère moi des mensonges et des chaînes de mon passé.
Je désire t’appartenir, faire partie de ton peuple, et vivre ce que tu veux pour moi.
Je réponds à ton amour. »

« Je choisis d’oublier ce qui est du passé, de me porter vers l’avenir. Je choisis de courir vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ. » (Philippiens 3.13-14).

L’obéissance radicale de Ruth l’a fait entrer, sans qu’elle puisse l’imaginer, dans la Grande Histoire de la rédemption que Dieu écrit depuis l’origine des temps. Et Dieu continue, encore aujourd’hui, à écrire cette Histoire avec toi, avec moi…
Par son obéissance, Ruth a permis à Dieu de l’utiliser pour accomplir sa promesse : donner un Rédempteur à Israël.

De la même manière, ton obéissance permet à Dieu de t’associer à l’établissement de son Royaume ici-bas.

Ne laisse pas le prix des renoncements, de l’obéissance t’empêcher d’entrer dans les projets d’avenir et d’espérance que Dieu a pour toi. (Jérémie 29.11).

Comme Ruth, déclare : « Tu es le seul Dieu, tu es mon Dieu. »

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