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Le verset 19 le dit simplement : Ruth et Naomi quittent Moab et arrivent ensemble à Bethléhem. Une brève ligne pour un long chemin !
Un voyage périlleux pour deux femmes seules, à travers des terres arides et incertaines.

Naomi, humble, ose revenir.
Ruth, courageuse, ose tout quitter.

Elle  renonce à son peuple, à ses dieux, à sa famille, à sa terre natale. Elle choisit de suivre Naomi, parce qu’elle a reconnu que Yahweh, le Dieu d’Israël, est vivant. Ce choix n’est ni raisonnable ni prudent. Il est un acte de foi audacieux.

Femme, étrangère, veuve, elle  sait qu’elle n’a aucun droit, sinon celui d’être méprisée. Elle est consciente qu’en ces temps troublés, sans loi ni protection, elle s’expose à la violence. Et pourtant, elle choisit de prendre ce risque.

Elle accepte de quitter ce qui lui est familier,
de s’arracher à ses croyances anciennes,
d’embrasser la solitude d’un avenir sans descendance,
de marcher sept à dix jours sur des chemins brûlants et rocailleux, de faire soixante à quatre-vingts kilomètres à pied, à travers la poussière de Moab, puis dans les collines escarpées menant au pays promis.

Sans défense, sans éclairage, sans escorte, sans assurance, ces deux femmes sont des proies faciles, mais leurs cœurs sont confiants et résolus.

Ruth ne fait pas que suivre Naomi. Elle s’engage à rester, à mourir dans ce pays, à appartenir pleinement au peuple de son mari défunt : aucun retour n’est envisagé.

Pour Ruth, tout commence.
Pour Naomi, tout recommence.


Pour toutes les deux, choisir le chemin, c’est faire un pas de foi. Ce n’est pas une fuite mais une traversée.

Ruth part parce que son cœur s’est tourné vers Dieu.
Naomi revient parce qu’elle reconnaît la main de Dieu sur son peuple et sur sa propre histoire.

Cela me fait penser à cette affirmation de Jésus : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. » Le seul chemin qui mène au Père (Jean 14 :6) Il n’est pas un but à atteindre, Il est la route elle-même, le chemin qui réconcilie, qui restaure, qui conduit vers la vie et vers le pays promis.

Ce chemin n’efface pas les épreuves. Dieu ne nous retire pas du désert, Il marche avec nous à travers lui. Sa présence habite chaque pas, sa force nous soutient chaque jour.

« Heureux ceux qui trouvent en Lui leur force.
Dans leur cœur se dessinent des chemins.
Quand ils traversent la vallée des pleurs,
ils la transforment en lieu de sources.
Leur force augmente pendant la marche. »


(Psaume 84)


Partir ou revenir, c’est savoir tourner le dos.

Il existe des fins nécessaires. Des chapitres à fermer pour que d’autres s’ouvrent.
Des attachements à laisser, des habitudes à abandonner, des sécurités trompeuses à quitter.

Où en es-tu sur le chemin ?
Es-tu loin de Dieu, ou déjà en train de revenir ?
Qu’est-ce que tu dois abandonner, ou qui dois-tu laisser derrière toi pour avancer vers le pays promis ?

Peut-être te sens-tu aussi fragile, indésirable, étrangère ?
L’histoire de Ruth établit que Dieu a un dessein pour toi, quel que soit ton passé, ton origine, ton statut, ton histoire, quelques soient les circonstances et l’insécurité autour de toi.

Vas-tu lui faire confiance ?
Vas-tu t’engager sur ce chemin exigeant, incertain, mais porteur de vie, ce chemin qui mène à la guérison et à l’éternité en sa présence ? Avec qui vas-tu avancer?


Ce récit résonne aussi de quelques pensées symboliques. Étrangement, nous ne savons pas combien de temps dura leur marche. Notre temps de marche n’a pas d’importance… Nous sommes assurées de la destination finale!

Ce paysage désertique, ce chemin dans l’aridité semble refléter le cœur de Naomi : sec, blessé, amer. À l’arrivée à Bethléem, elle se fera appeler Mara — amertume. Lorsqu’on s’éloigne de Dieu, on ne revient jamais indemne.  Mais la restauration viendra, plus tard, patiente, profonde. À la fin du livre. Doucement.

Ne te décourage pas si ton cœur demeure encore aride. La guérison est un chemin long, parfois douloureux, mais transformateur lorsqu’il est habité par Dieu. La restauration viendra, profonde. Doucement.


Le Seigneur est ton berger.
Tu ne manqueras de rien.

Il te conduit vers le repos.
Il rafraîchit ton âme et ton cœur.
Il renouvelle tes forces.
Même dans les vallées obscures et douloureuses, tu n’as rien à craindre :
Il est avec toi.

Il te guide.
Il veille sur toi.
Il te réconforte.

Et pas à pas,
Il te conduit vers la Vie, il t’attire à Lui.

(inspiré du Psaume 23)

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