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Naomi et Ruth, sa belle-fille moabite, sont donc arrivées à Bethlehem, au début de la moisson de l’orge (Ruth 1.22).

Le timing est très important.

Les défis auxquels Ruth et Naomi sont confrontées sont à la fois la survie, la sécurité et l’appartenance. Il est parfois difficile pour nous, évoluant dans une société devenue très individualiste, de réaliser combien l’appartenance à une famille, à un clan, à un peuple était vitale à cette époque.

Ruth, ayant eu connaissance des lois établies par Yahweh en faveur des pauvres et des étrangers, a le courage de se joindre aux moissonneurs d’une parcelle en dehors de la ville de Bethléhem. Et alors que tout le monde est affairé à moissonner et à glaner dans ce champ, le maître apparaît (Ruth 2.4). Il se nomme Boaz. C’est un propriétaire puissant et riche, parent de Naomi, car il appartient au clan d’Élimélek, son mari défunt. Certaines traductions présentent Boaz comme un homme d’une grande valeur ou d’une grande intégrité.

Boaz et Elimelek, deux choix, deux destins…

Arrêtons-nous quelques instants pour considérer les destinées d’Elimélek et de Boaz. Ils  semblent être contemporains. En effet, on découvre au chapitre 3 que Boaz était plus âgé que Ruth (Ruth 3.10). Il est propriétaire de terres autour de Bethléhem. Il a certainement, lui aussi, connu la famine qui a poussé Elimélek à partir au pays de Moab. Mais, malgré cette épreuve — de la « ville du pain sans pain » — Boaz a choisi de rester dans le pays de la promesse et de placer sa confiance en Yahweh.  On imagine bien que cette famine a dû impacter chaque famille autour de Bethléhem. Pourtant, on retrouve Boaz, au lendemain de cette période éprouvante, comme un homme puissant, riche, intègre, présent et bienveillant envers ses ouvriers.

« Heureux ceux qui placent en Dieu leur appui ! Ils trouvent dans leur cœur des chemins tout tracés. Lorsqu’ils traversent la vallée de Bacca. ls la transforment en un lieu plein de sources Et la pluie la couvre aussi de bénédictions… » Psaume 84 : 6-8

C’est un maître qui s’empresse, à son arrivée, par sa salutation incroyable, de rappeler à ses ouvriers que le véritable maître de la moisson, c’est Yahweh, et de souligner qu’ils travaillent ensemble sous le regard du Très-Haut.

As-tu déjà été saluée par ton patron en ces termes :
« Que l’Éternel soit avec toi ! »

Je prie que les valeurs, le cœur et l’attitude de Boaz nous inspirent dans nos relations professionnelles, et que nous soyons, comme lui, l’expression de la bienveillance de Dieu, en prenant soin de chaque personne que Dieu place autour de nous.

Au fil du récit, alors que l’on vit une journée de travail avec les moissonneurs, on ressent à la fois la fatigue et  une ambiance empreinte de respect, de confiance et de bienveillance. Chacun travaille dur sous le soleil, mais il y a aussi des temps de repos, pour se désaltérer, se nourrir et se ressourcer.

Boaz, propriétaire terrien riche et puissant, à la tête de nombreux ouvriers, est un maître attentif. Il voit ses travailleurs, il les connaît. Il remarque immédiatement cette jeune femme qui ne fait pas partie de son équipe.

La question qu’il pose à son contremaître est étonnante. Il ne demande pas :
« Qui est cette jeune femme ? »,
mais :
« À qui est cette jeune femme ? »

Il sait combien une femme étrangère et inconnue de la communauté est vulnérable, et il semble profondément concerné par sa sécurité. Il décide immédiatement de l’accueillir dans son équipe, dans sa famille. Il lui offre la sécurité et l’appartenance dont elle a besoin. Il l’invite à sa table, veille à ce qu’elle reçoive un repas abondant — elle en rapportera même une partie à Naomi — ainsi que de quoi se désaltérer et de reprendre des forces.

Par son statut et sa puissance, il aurait pu ignorer ou mépriser cette jeune femme étrangère et tout ce qu’elle représentait. Mais Boaz connaît et aime la loi de Yahweh. Présenté comme le seigneur et maître de la moisson, il nous révèle ici un aspect du caractère de Dieu : son amour inconditionnel pour les étrangers, les personnes vulnérables, les veuves et les orphelins.

« En effet, l’Éternel, votre Dieu, est le Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, fort et redoutable.
Il ne fait pas de favoritisme et n’accepte pas de pot-de-vin ;
il fait droit à l’orphelin et à la veuve,
il aime l’étranger et lui donne de la nourriture et des vêtements.
Vous aimerez l’étranger, car vous avez été étrangers en Égypte. »

(Deutéronome 10.17-19)

Dieu nous invite à aimer l’étranger, à faire droit à l’orphelin et à la veuve. Nous y reviendrons ultérieurement.

L’attitude de Boaz, ce maître différent, envers Ruth nous dévoile le cœur de Dieu envers chacune de nous.

Dieu te voit

Dieu te voit. Il te regarde. Il te parle avec bienveillance. Il vient à toi, qui que tu sois : seule, exclue, isolée, étrangère, chargée d’un lourd passé ou d’un héritage encombrant.

Dieu t’invite dans sa famille

Il t’invite parmi les siens. Il désire t’offrir la sécurité de te blottir dans ses bras puissants de Père, comme Boaz a offert à Ruth la sécurité de sa famille. Il parle à ton cœur et te console (Ruth 2.12-13).

Dieu veille sur toi avec bienveillance

Ruth travaille dur toute la journée, dans la présence protectrice de Boaz et de son équipe. Elle bat tous les épis qu’elle a glanés et récolte environ 22 litres d’orge (environ 11 kg). Elle rentre chez elle avec une quantité de nourriture impressionnante, (considérant que le salaire journalier en nature semblait s’élever généralement à un ou deux litres d’orge). Naomi et Ruth étaient complètement démunies, et soudain elles sont largement bénies. Bien sûr par le travail de Ruth, mais aussi grâce à la bienveillance inhabituelle de Boaz. Non seulement elles ont de quoi manger ce soir-là, mais plus important encore, elles peuvent envisager l’avenir avec paix pour plusieurs semaines. La bienveillance de Boaz leurs offre un avenir et de l’espérance.

Dieu désire transformer ton deuil en espérance, ton amertume en reconnaissance

La foi de Ruth aide Naomi à cheminer de l’amertume vers la reconnaissance. Celle qui se faisait appeler Mara parvient à reconnaître que « l’Éternel garde sa bonté pour les vivants comme pour les morts » (Ruth 2.20). Une fois encore, elle discerne la main de Yahweh dans les circonstances, et son cœur blessé commence à s’ouvrir devant tant de grâce.

Suspens, que va-t-il se passer ? Boaz devient désormais un personnage clé dans la suite de notre récit, au cœur de cette rencontre improbable entre une jeune femme moabite et un maître riche, parent de son défunt mari. Pourtant, l’histoire ne s’emballe pas, pas encore ! Après cette première journée intense qui bouleverse la vie de Ruth et l’avenir de Naomi, le chapitre 2 se conclut en faisant retomber la tension entre les deux héros de notre histoire ! Ruth continue à vivre sagement chez sa belle-mère et travaille dans l’équipe des ouvriers de Boaz pendant toute la moisson de l’orge et du blé.

Cette pause dans le récit nous permettra, la semaine prochaine, d’explorer plus en profondeur la manière dont ma relation avec Dieu influence mon regard et mon attitude envers les exclus et les démunis — un thème central dans ce livre et essentiel au cœur de Dieu.

Piste de réflexion : Boaz apparaît comme un homme riche et profondément généreux. Mais je  suis touchée par la générosité de Ruth, qui prend soin de conserver une partie de son repas de midi afin de le partager avec Naomi. On ne donne pas seulement du surplus de nos biens, mais on peut choisir de partager notre nécessaire. Ce n’est pas notre richesse qui détermine notre générosité, mais notre cœur…

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